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INAUGURATION DE L’EGLISE ST JULIEN

 

Après 35 années de fermeture et de restauration, l’église St Julien de Luyères a été inaugurée le samedi 19 septembre 2009.

L'intérieur de l'édifice, délabré et dangereusement instable, est en effet demeuré inaccessible pendant trente-cinq ans. Aussi est-ce avec grand bonheur que le maire, Gérard Schild, a célébré sa réouverture, rendant hommage à la persévérance de ses prédécesseurs, Jean Sebille et Serge Hibon.

Les travaux, d'une grande ampleur, ont été cofinancés par le Département, la Région et l'État. Dominique Voix, conseiller général, Hervé Aubriet, conseiller régional, Mgr Marc Stenger, évêque de Troyes, et Christian Rouyer, préfet de l'Aube, se sont félicités de la valorisation de ce patrimoine commun, perçu comme un héritage culturel et spirituel.
Classée monument historique en 1958, cette bâtisse d'architecture médiévale flamboyante est une église-halle, représentative des constructions de la ceinture troyenne.

C'est que l'église revient de loin… Huit voûtes étaient effondrées, une forêt d'étais supportait l'édifice, dont les murs étaient altérés par les lichens. Les sols et vitraux, en piètre état, étaient déposés, le mobilier entreposé et poussiéreux… Il a fallu aux compagnons doigté et minutie pour rendre aux lieux leur beauté tout en respectant leur âme.
Visiteurs et fidèles apprécieront notamment le splendide jubé en bois sculpté, datant de 1552, qui a été avancé d'une travée pour une meilleure visibilité.

Pour visiter l'église, s'adresser à Monique Lefebvre (Tél : 03.25.41.01.92) ou à Gérard Schild (Tél : 03.25.41.01.11).

  

 Historique

La paroisse, qui avait celle de Fontaine les Luyères comme succursale, était le siège d’un prieuré curé dépendant de l’Abbaye de St Loup (actuel musée de Troyes) du diocèse de Troyes et du Grand Doyenné.

Elle avait été donnée à cette abbaye en 1196 par l’évêque Garnier de Trainel (évêque ayant lancé les travaux de l’actuelle cathédrale gothique de Troyes). Le chapitre St Etienne de Troyes était décimateur, au 20ème compte, sauf sur les terres du seigneur où elles n’étaient qu’au 24ème.

Au XVe siècle, l’évêque de Troyes avait les dimes de blé et les droits de chevage à Fontaine et à Luyères.

En 1710, le chapitre St Etienne, gros décimateur abandonna ses droits au prieur-curé.

En 1164, l’abbaye de Montier la Celle (sur le territoire actuel de St André les Vergers) y avait, outre des menues dimes, une grange. En 1338, l’Abbaye de Montiéramey avait également une grange à Luyères.

En 1160, à la demande de Pierre Pithou, seigneur de Luyères et du prieur-curé, les chanoines de St Julien de Brioude avaient fait don à l’église de Luyères d’une des dents qui faisaient partie des reliques de ce Saint conservées dans leur église.

L’Eglise actuelle sous le vocable de St Julien date du XVe siècle et du XVIe siècle. Elle est rectangulaire sauf la saillie de l’abside qui est à 3 pans (Eglise appelée « Eglise Halle »). La nef et les bas côtés sont de la même hauteur.

Elle possède en son intérieur trois merveilles :

Le jubé

Les vitraux du XVIe siècle

La statuaire du XVIe siècle

 

Le jubé

Le terme Jubé vient de l’expression latine « JUBE, DOMINE, BENEDICERE » (Seigneur bénissez-nous).

A l’origine les jubés sont situés entre le chœur et la nef, il possède également une barrière en bois. Cette séparation avait pour origine le fait que le peuple ne pouvait assister à la consécration (transformation de l’eau en vin et du pain en corps du Christ).

Ils furent pratiquement tous détruits après le concile de Trente et la révolution française.

Il ne reste en France qu’un vingtaine de jubé (St Etienne du Mont à Paris, La Chaise-Dieu, Brou …)

Cinq sont dans la région (St Florentin, Villemaur sur Vanne, L’Epine, La Madeleine à Troyes et Luyères).

Le jubé de Luyères, d’une longueur de 5 mètres et d’une largeur de 2 mètres est en bois. Il repose sur six poteaux rubanés et écaillés avec chapiteaux à facettes et bases à talons.

Il date du XVIe siècle (1552). Il est composé de 46 panneaux finement sculptés et ciselés (16 sur chaque face, 7 sur les faces latérales). Ce sont des panneaux en fenestrages ajourés, décorés de fleurs de lys couronnées, des blasons aux armes de France et au monogramme du Christ, attributs de la passion.

Lors du prêche des prêtres, ces derniers montaient sur les jubés pour s’adresser au peuple.


Les vitraux du XVIe siècle

Depuis leur restauration, ils sont protégés des intempéries et de la pollution par une verrière extérieure (même principe que la protection des vitraux du chœur de la basilique St Urbain à Troyes).

Durant une grande partie du XVIe siècle, Troyes et sa région sont le foyer d’une intense activité artistique aussi bien en terme de vitraux que de sculpture, suite à une florissante activité économique.

 

L’ARBRE DE JESSE

Arbre généalogique du Christ, nomenclature réduite des rois de Juda. De Jessé sort d’un arbre sur lequel sont inscrits les aïeux du Christ.

On peut lire facilement Judas, David (reconnaissance avec sa luth) et Josias.

Sur le registre du bas à gauche, le donateur (François Perrignon) toujours en compagnie de son Saint (Saint François)

 

   

 

 

DEUXIEME VITRAIL

Le deuxième vitrail du XVIe siècle représente le baptême du Christ, sa transfiguration sur le mont Thabor (état glorieux dans lequel le Christ accompagné de Moïse et Elie apparut à trois de ses disciples).

 

  

TROISIEME VITRAIL

Le troisième vitrail représente le Christ ressuscitant la fille de Jaïre. L’évêque St Loup de Troyes. La résurrection de Lazare.

QUATRIEME VITRAIL

Le quatrième vitrail représente la vie de St Julien.

 

La statuaire

Toute la statuaire comme les vitraux du XVIe siècle sont classés au titre des monuments historiques.

Principales statues se trouvant dans l’église St Julien :

SAINTE MARGUERITE – Statue en bois du XVIe siècle

Fille d’un prêtre païen, a épousé la religion chrétienne et fut chassée de chez elle. Alors qu’elle garde les moutons, elle est remarquée pour sa beauté par un gouverneur mais se refuse à lui. Il nous reste deux versions du supplice qu’il lui aurait fait subir.

Le premier martyr est apocryphe (se dits d’écrits des premiers siècles de l’église), elle aurait été avalée par un dragon, lui aurait déchiré le ventre avec une croix pour en sortir.

Le deuxième correspond à un supplice fréquemment évoqué au moyen-âge où le ventre est ouvert pour en sortir les entrailles.

Elle est toujours représentée sortant du corps du dragon. De la gueule du dragon, l’on voit toujours la fin de ses vêtements pour bien évoquer qu’elle a été avalée par le monstre.

 

 

 

SAINT ROCH – Statue en pierre du XVIe siècle

Fils d’un riche personnage, Roch quitte tout pour le Christ. Il multiplie les pèlerinages. En revenant de l’un d’eux il contracte la peste. Pour éviter de propager la maladie, il se fait ermite au fond ‘un bois. Il sera nourri par un chien qui, chaque jour, lui apporte du pain dérobé à la table d’un riche seigneur. Un ange vient le guérir de la peste. Il revient alors dans son pays, sera emprisonné comme espion et mourra en prison.

Il est toujours représenté en pèlerin, l’un de ses doigts montre sur sa cuisse le pustule de la peste, un chien avec un morceau de pain dans la gueule.

 

 

 SAINTE BARBE

Sainte Barbe était une vierge qui avait promis de consacrer sa virginité à Dieu. Son père ne l’entendant pas ainsi la fit enfermer dans une tour. Elle s’enfuit, fut dénoncée, suppliciée abominablement puis décapitée.

Protégeant de la mort subite, elle fut également la protectrice contre la foudre. Elle devint logiquement la protectrice des arquebusiers, marins et mineurs qui maniaient la poudre. Ces multiples protections expliquent le nombre important de représentations de Sainte Barbe dans nos églises.

Elle est toujours représentée avec une tour (avec trois ouvertures qui représentent la trinité, le Père, le Fils et le Saint Esprit) et la palme du martyre.

 

 
SAINT JULIEN – Statue du XVIe siècle et Statue du XIVe siècle

La statue du XIVe siècle est le reflet de la statuaire du moyen-âge avec la rigidité du personnage et la simplicité dans les plis des vêtements.

En chassant, St Julien rencontre un cerf qui lui annonce qu’il tuera ses parents. Pour fuir ce sort funeste, Julien s’exile, se fait chevalier et épouse la veuve d’un riche seigneur. Ses parents désolés de sa disparition, finiront par découvrir sa retraite et seront accueillis par sa femme qui les couche dans le lit conjugal. Rentrant tard, Julien voyant un couple dans le lit conjugale, croit surprendre sa femme avec un amant et il tue les deux personnes. S’apercevant de sa maitrise, pour se faire pardonner, il devient ermite et aide les voyageurs à traverser un fleuve dangereux. C’est le Christ qui lui révèle qu’il est pardonné.

Il est souvent représenté en chevalier faisant traverser le fleuve.